Le calcium (Ca)
Chacun connaît l’importance
du calcium pour la formation et le
maintien du tissu osseux.
Toutefois, il apparaît
bien inutile de se gaver de produits laitiers pour
satisfaire ses besoins calciques.
Cette fiche désire apporter une information
différente, orientée vers
une santé raisonnée, et contrebalançant
des publicités pas toujours
dénuées d’intérêts
mercantiles.
Un organisme humain adulte contient plus
de 1 kg de Ca (1 000-1 200
g), essentiellement — à 99 % environ — localisé dans
les os, sous
forme de phosphate de calcium, qui, ainsi que son nom
l’indique,
contient également du phosphore (dans un rapport
calcium/phosphore très légèrement
supérieur à 2).
La calcémie (taux de Ca dans le sang) est étroitement
régulée, et
maintenue aux dépens du
Ca osseux, d’où la mise en place d’une
ostéoporose en cas de carence calcique. En réalité,
la perte osseuse est inévitable avec l’âge,
mais peut être réduite par une bonne hygiène
de
vie, dans laquelle la nutrition joue un rôle
considérable, en permettant également
d’obtenir le maximum possible de masse osseuse à l’adolescence.
En
effet, du Ca est perdu chaque jour, de façon
physiologique et naturelle, par l’urine, les
selles et la sueur, la perte urinaire (ou calciurie) étant
le facteur le plus important. Ainsi,«l’excès de protéines conduit
le plus souvent à une augmentation de la perte
urinaire de
Ca […] Cette influence est surtout marquée
dans le cas des protéines riches en acides
aminés soufrés* […] La perte urinaire
de Ca est diminuée par des régimes à base
de
légumes et fruits, ou riches en bicarbonates.
Enfin […] l’effet d’un excès
de sodium sur la calciurie est bien démontré.
Chaque
augmentation de 2 g de sodium alimentaire augmenterait
la calciurie de 30 mg. Ainsi, plus
que l’absorption intestinale, la perte urinaire
due à des facteurs alimentaires serait bien
le
déterminant majeur de la biodisponibilité réelle
du Ca et donc du bilan calcique
» (ANCPF, p. 135). * Méthionine, cystéine.
Le « paradoxe »
Il est maintenant officiellement reconnu que l’incidence
des fractures de la hanche est bien
plus élevée dans les pays développés
riches, où la quantité de calcium absorbée
est
importante, que dans les pays en développement
(Afrique subsaharienne et Asie en
particulier), où cette quantité est faible.
Pour désigner cet état de fait, les experts
emploient
d’ailleurs l’expression consacrée « paradoxe
du calcium »
(« calcium paradox ») [WHO, p. 129-131
; FAO, p. 165-166].
Un changement de point de vue
On a longtemps pensé que
les fruits et légumes
ne pouvaient faire partie des
recommandations nutritionnelles pour la prévention
de l’ostéoporose, leur teneur en Ca
étant moindre que celle des produits laitiers,
et de plus les fameux phytates et oxalates
étaient censés en diminuer la disponibilité.
De
nombreuses études ont maintenant prouvé le
contraire.
« Les études de populations, réalisées
un peu partout
dans le monde, n’ont pas pu prouver qu’une
consommation élevée de calcium protégeait
contre les
fractures […] On comprend mieux finalement
pourquoi, depuis quelques années, certains expriment
leurs doutes sur l’utilité d’apports
calciques élevés pour la prévention
ou le traitement de
l’ostéoporose […].
Une bonne partie de la population mondiale consomme une
alimentation pauvre en
calcium.
Même s’il peut être difficile de l’estimer
avec précision, il est évident que ces
populations
n’ont pas une prévalence de fractures aussi
importante qu’on pourrait attendre en
comparaison des besoins calciques tels qu’on les
définit […]
Il faut se rendre compte que ce qui est le plus important
pour le bilan calcique, ce
n’est pas d’absorber de grandes quantités
de Ca, c’est de savoir retenir ce que l’on
absorbe.
Autre caractéristique de l’alimentation
occidentale :
sa richesse en protéines animales.
On
retrouve une corrélation entre la consommation
des protéines et le taux de fractures.
L’acidurie, causée par de tels régimes,
provoque une fuite urinaire de calcium. Or, un
nombre considérable de résultats indique
aujourd’hui qu’une forte consommation de
fruits et de légumes protège contre les
fractures osseuses » (EN23 — Dr Thierry Gibault).
Les populations occidentales n’apparaissent vraiment
pas favorisées par le type
d’alimentation qu’on leur impose. Principal
responsable des problèmes osseux : la forte
consommation de protéines d’origine animale.
Alors que la viande, le lait, les
oeufs, restent encore, dans l’imaginaire commun,
synonymes de force, la
recherche scientifique a déjà compris l’importance
des phyto-nutriments,
ces multiples composés protecteurs de la santé que
l’on trouve dans les
plantes (carotène, lycopène, polyphénols,
etc.).
«La carence oestrogénique, consécutive à la
ménopause, est particulièrement impliquée
dans la genèse de la perte osseuse. Or, les produits
végétaux sont riches en polyphénols,
dont certains sont dotés de propriétés
oestrogéno-mimétiques, appelés phyto-oestrogènes.
On distingue parmi ceux-ci les isoflavones (apportées
par le soja) et les lignanes (qui sont
ubiquitaires dans le règne végétal)
[…]
Autre mécanisme : l’apport en vitamine K.
Les légumes comme le chou, le persil, les épinards
ou la salade… sont de bonnes sources
de cette vitamine, indispensable à la fonctionnalité de
l’ostéocalcine, une protéine majeure
du tissu osseux, impliquée dans la régulation
de la minéralisation […]
Reste enfin un facteur important à considérer.
Notre alimentation, riche en protéines
animales et sel, expose le tissu osseux à une
déminéralisation potentielle […]
Une
corrélation entre l’incidence des fractures
de la hanche chez la femme de plus de 50 ans et
le niveau de consommation annuelle de protéines
animales par pays a d’ailleurs été
démontrée » (EN23 - Dr Véronique
Coxam).
L’explication d’un tel paradoxe a tardé à se
mettre en place, mais il est désormais admis
que l’excès de protéines animales
en constitue le facteur principal (comme les citations
le
prouvent).
« Actuellement, l’ensemble
des données
accumulées montre que la consommation de
protéines (animales, et non pas végétales)
est susceptible d’avoir sur l’équilibre
calcique un
effet négatif plus important que l’effet
positif dû à la consommation de calcium »
(WHO, p. 131).
Des besoins à géométrie très
variable
Actuellement, en France, l’apport nutritionnel
conseillé pour un adulte est de 900 mg
Ca/jour (et cet apport monte à 1 200 mg/jour pour
certaines populations). Cet apport est établi en considérant que le besoin minimal
d’entretien est de 260 mg/jour, destiné à
compenser des pertes incompressibles de 130 mg de Ca
par les urines, 110 mg par les
selles, et 20 par sueur (total = 260 mg). On considère également
que le coefficient moyen
d’absorption intestinale du Ca ingéré est
de 38 %. Il faut donc en fournir chaque jour 690
mg (chiffre arrondi), puisque 38 % de 690 font à peu
près les 260 qui sont perdus. Ensuite,
on augmente cette valeur de 30 % pour tenir compte des
variations individuelles, et l’on
arrive à 900 (chiffre arrondi). CQFD. (ANCPF,
p. 137.)
Pourtant, les apports calciques sont bien inférieurs
dans d’autres régions du monde, sans
que cela pose un problème. De nombreux articles
ont par exemple été consacrés à l’étude
des femmes gambiennes (Afrique de l’Ouest). En
Gambie, dans les zones rurales, l’apport
calcique est très faible (< 300 mg/jour). Néanmoins,
les femmes ont de nombreux enfants
qu’elles allaitent (mais non exclusivement) pendant
environ deux ans, ce qui entraîne un
passage de près de 200 mg Ca/jour à l’enfant
lorsque l’allaitement est maximal. Par
contre, les pertes urinaires ne sont que de 25 mg/jour
(Prentice, 1998). On pourrait
s’attendre que ces femmes souffrent d’ostéoporose
; cependant, les fractures dues à
l’ostéoporose sont rares, alors que la minéralisation
des os est de 30 à 40 % plus faible
après 65 ans que chez des femmes occidentales
(Aspray, 1996)
Les études théoriques d’absorbabilité du
Ca font intervenir des isotopes (non
radioactifs !) l’un injecté par voie intraveineuse
et l’autre ingéré par voie orale
dans une
certaine quantité de lait — que l’on
dose ensuite dans l’urine des sujets. Habituellement,
les valeurs trouvées dans les populations occidentales
tournent autour de 30 %.
Mais des études sur des enfants chinois de 9 à 17
ans ont montré des taux d’absorption de
60 % et plus, pour un apport moyen journalier de 600
mg Ca (avec des pertes urinaires de
80 mg seulement) [Lee, 2002]. À noter que ces
apports représentent la moitié de ce qui
est
recommandé pour la population française
du même âge !! Il est évident, comme
le disent
les auteurs, que les enfants sont capables d’accroître
l’absorption et de réduire l’excrétion
du
Ca de façon à permettre une croissance
et une minéralisation adéquates de l’os.
Un rapport d’expertise de la FAO a établi
que, dans le cadre d’une
alimentation de type occidental, 840 mg Ca/jour permettent
d’établir
l’équilibre calcique d’un adulte (hors
ménopause) [FAO, p. 167]. Mais, en
réduisant de 40 g l’apport en protéines
animales, l’équilibre s’établit à 600
mg
seulement… En France, sur la période 1999-2001,
la part de protéines
animales disponibles était de 77 g/jour. Supprimer
ces protéines reviendrait,
selon les courbes fournies par le rapport, à permettre
un équilibre avec 454
mg de Ca/jour !!! La moitié de l’apport
recommandé actuel…
En fait, forcer les gens à absorber
beaucoup de Ca pour se prémunir contre les problèmes
osseux est maintenant une idée contestée.
On comprend qu’elle le soit : un regroupement
d’études portant sur 19 pays a permis de
montrer que la mortalité par fracture de la
hanche chez les femmes âgées était
d’autant plus forte que l’apport en Ca était
plus élevé
(Nordin, 1997)… La mortalité (pour 10 000)
passait de 6,17 dans les pays d’apport
journalier inférieur à 600 mg à 20,43
dans les pays d’apport journalier supérieur à 900
mg
(environ trois fois plus !).
Quand l’offre en calcium crée
le besoin
« L’organisme peut s’adapter à des
variations d’apport […] En tenant compte
de cette
capacité d’adaptation, la quantité de
Ca nécessaire pour équilibrer le bilan
calcique d’un
individu est tout simplement représentée
par… la quantité de calcium qu’il
consomme !
Dans le monde, de nombreuses populations ont des apports
calciques largement en dessous
des standards occidentaux. Et elles ne s’en portent
pas plus mal […] À l’inverse, dans
les pays
où l’on consomme de grandes quantités
de Ca, il faut de plus grands apports de Ca pour équilibrer son bilan. Question d’adaptation.
Autrement dit, à force d’encourager les
populations à consommer toujours plus de Ca, on
ne fait qu’augmenter leurs besoins » (EN23 — Dr Thierry Gibault).
Recommandations
De ce qui précède, ainsi
que des conseils usuellement rencontrés, il est
possible de tirer au moins trois recommandations de bon
sens :
Privilégier les sources végétales
de Ca. Nous pouvons oublier les
injonctions usuelles de consommer lait, yaourts ou fromages,
l’apport en
protéines animales étant contradictoire
avec une bonne rétention du Ca
absorbé.
- Réduire la consommation de sel. Une diminution
de 2,3 g de sel/jour a le
même effet qu’une réduction de 40
g de protéines animales.
Apparemment ces deux effets s’additionnent (Nordin,
1997). L’industrie alimentaire
utilise pas mal de sel dans les plats cuisinés
comme conservateur ; ce facteur est à
considérer lorsqu’on ne peut cuisiner
soi-même.
- Assurer un apport satisfaisant en vitamine D. La
vitamine D intervient dans l’efficacité de
la fixation du Ca. Or l’accroître de 10 %
permettrait de passer des 840 mg/jour cités
cidessus à 680 mg seulement, indépendamment des
autres facteurs. La synthèse de la
vitamine D est assurée par les cellules de la
couche profonde de l’épiderme, sous l’action
de rayonnements UV. En France, pour l’essentiel,
ces rayonnements sont présents avec
une intensité suffisante entre juin et octobre
lorsque le soleil est au zénith (ANCPF, p.
231). En cas de sous-ensoleillement, il faut absolument
penser à une supplémentation.
Références :
- ANCPF :
Apports nutritionnels
conseillés pour
la population française, Éd. Tec & Doc,
2001.
- EN23 :
Équation-Nutrition no 23. Mensuel scientifique
sur l’actualité nutritionnelle, édité par
l’Aprifel
(Agence fruits et légumes frais) [http://www.aprifel.com/].
- WHO :
World Health Organization. Diet, nutrition and the
prevention of chronic diseases,
Geneva, 2003
[http://www.who.int/nut/documents/trs_916.pdf].
- FAO :
Food and Agricultural Organization of the United
Nations. Human vitamins and mineral
requirements, Rome, 2001 [ftp://ftp.fao.org/es/esn/nutrition/Vitrni/pdf/TOTAL.pdf].
- Prentice :
Prentice (A.) et al., « Biochemical
markers of calcium and bone metabolism… »,
in
The Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism,
avril 1998 ; 83 (4) : 1056-8.
Aspray : Aspray (T. J.) et al., « Low bone mineral
content is common but osteoporotic fractures
are rare in elderly rural Gambian women », in
Journal of Bone and Mineral Research, juillet
1996 ; 11 (7) : 1019-25.
- Lee :
Lee (W. T.) et al., « True fractional calcium
absorption in Chinese children… », in
The
British Journal of Nutrition, décembre 1994
; 72 (6) : 883-97.
- Nordin :
Nordin (B. E. C.), « Calcium in Health
and Disease », in Calcium throughout Life
(FAO, 1997) [ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/W7336t/W7336t05.pdf].
Cette fiche n’a qu’une valeur informative
générale et ne saurait se substituer
aux conseils
d’un(e) diététicien(ne) pour la formulation
de régimes spécifiques.
ALLIANCE VEGETARIENNE : Calcium – Fiche 7/V1/2004 www.allianceveg.org
Ces documents, édités par l'Association
Végétarienne de France, sont mis gracieusement à
votre disposition pour téléchargement et
impression.
Diffusion autorisée et même recommandée,
mais sans aucune modification ni suppression.
Le Grand Mythe du Calcium
Par Eric Karlsson, DN ND, de l' Australian Vegetarian
Society
Il y a plusieurs mythes qui concernent le végétarisme,
par exemple: celui
de la protéine, du fer, et de la vitamine B12,
pour en citer quelques-uns. Je
crois que le mythe de la protéine devient lentement
moins
problématique bien que toujours d'actualité.
Le mythe le plus
important actuellement est celui du calcium. Il paraît
que presque
tous les experts en nutrition recommandent un régime
contenant
beaucoup de lait et de produits laitiers, souvent en
de grandes
quantités, pour assurer une bonne absorption de
calcium. Beaucoup de
gens croient qu'il faut consommer beaucoup de produits
laitiers et qu'ils sont la meilleure
défense contre l'ostéoporose, une maladie
de perte de calcium ou d'autres minéraux
alcalins du squelette qui résulte en des os fragiles.
La plupart croient que cela arrive
exclusivement s'il n'y a pas assez de calcium dans leur
alimentation. Cette croyance est
fausse.
Tout ceci est principalement le résultat
de la propagande de l'industrie des produits
laitiers qui depuis plusieurs décennies nous a "informé" comment
les produits laitiers étaient bons pour notre santé. Beaucoup
de gens tendent à croire que si un verre de lait
quotidien est bon, il s'en suit par conséquent
que 3 ou 4 verres n'en seront que meilleurs.
Dans cet
article nous recherchons plus profondément
dans le régime, quel est l'élément
le
plus important concernant l'ostéoporose, un problème
très actuel, et plus spécifiquement
pour les femmes.
L'ostéoporose n'est pas
la cause d'un manque de calcium dans l'alimentation.
Elle est causée plutôt par un excès
d'acide de l'alimentation qui fait que le corps se serve
du calcium osseux. Il est vrai que les produits laitiers
contiennent une grande quantité de
calcium, mais aussi est-il évident que les gens
qui en ingèrent une grande quantité
souffrent également d'une plus forte occurrence
d'ostéoporose. Ce mythe du calcium a
survécu à travers les ans grâce à une
rationalisation quantitative et superficielle.
Des investigations récentes affirment que les
populations qui ingèrent moins de calcium
ont un squelette plus fort. Ceci peut s'expliquer par
le fait que les populations mangeant
des aliments riches en calcium mangent aussi des aliments
entraînant de l'acidité qui "vole" le calcium du corps. La consommation
de beaucoup de calcium entraîne aussi plus
de protéines, ce qui fait évacuer du calcium
et d’autres minéraux alcalins du corps.
Par
exemple le fromage très riche en calcium est aussi
très riche en protéines. Ces minéraux
se
perdent d'une ingestion de trop d'aliments acidifiant
(ou, plus exactement, des aliments
qui favorisent la création d'acide), et le manque
du calcium a peu à voir (sauf dans les cas
de dénutrition) avec l'ingestion réelle
de calcium.
Une investigation mondiale sur l'alimentation révèle
que dans les populations qui ingèrent
une grande quantité de calcium par les produits
laitiers, l'incidence de l'ostéoporose (aussi
bien que de maintes autres maladies) est la plus élevée.
Ni l'ingestion des produits laitiers
ni les pilules supplémentaires n'empêchent
l'ostéoporose. Le seul remède est simplement
la
prévention.
De nombreuses investigations autour
du globe ont établi
que l'ostéoporose a peu à voir
avec l'ingestion du calcium, mais beaucoup avec celle
des protéines. Le "British Medical
Journal" a reporté que la consommation du
calcium n'a aucun rapport avec la perte de la
masse osseuse. L'American Journal of Clinical Nutrition
(AJCN) a déclaré en 1970 : "L'ostéoporose est en fait une maladie qui
est causée par un grand nombre de facteurs, le
plus important étant l'excès de protéine."
Les
végétariens souffrent moins de l'ostéoporose
qu'en souffrent les omnivores. L'AJCN a
publié l'étude la plus extensive de l'ostéoporose
en 1983. Les investigateurs ont trouvé qu'à
peu près à l'âge de 65 ans, les végétariennes
ont eu une perte de masse osseuse de 18% et
les omnivores en ont eu 35%. Les chiffres pour les hommes étaient
de 3% et 7%,
respectivement. Les pourcentages s'expliquent par le
fait que même si les végétariens
mangent trop de protéines en général,
ils n'en mangent pas autant que les omnivores, et en
plus les protéines sont de meilleure qualité.
Une étude à long terme montre qu'avec
l'ingestion de seulement 75 grammes par jour de protéine,
on perd plus de calcium dans
l'urine que ce qui est absorbé de l'alimentation.
Plusieurs études confirment que plus de
protéines sont ingérées, plus de
calcium est perdu.
En Afrique, les Bantus ne consomment
que 350 mg. de calcium par jour. Elles donnent
naissance à en moyenne 9 enfants chacune qu'elles
allaitent pendant deux ans mais elles ne
souffrent jamais d'une déficience de calcium.
Le
squelette humain agit comme un récipient du
calcium et d'autres minéraux alcalins. Le
niveau pH sanguin (la mesure d'acidité ou d'alcalinité dans
le sang) est vital
et doit rester constant ou on mourrait. Le corps, d'autre
part, vole les
minéraux alcalins des os si on mange beaucoup
d'aliments acidifiants. Les
boissons gazeuses, les médicaments, le tabac,
le sel, le sucre, le café, et le thé
tous contribuent à l'ostéoporose. Faire
des exercices physiques est aussi
important dans la lutte contre l'ostéoporose.
Pour
conclure: le lait de vache en son état naturel
est un aliment parfait pour les veaux.
Un excès de produits laitiers, spécialement
sous la forme dénaturalisée en vente dans
les
supermarchés, peut être la genèse
de beaucoup de problèmes de santé. Les
problèmes du
calcium s'évitent mieux en maintenant un régime
qui soit bien équilibré entre l'alcalinité
et l'acidité.
Référence :
- Diet for
a New America, John Robbins
Traduction française de Doug J Duea (USA) et
Gilles Chatras
Ces documents, édités par l'Association
Végétarienne
de France, sont mis gracieusement à
votre disposition pour téléchargement et
impression.
Diffusion autorisée et même recommandée,
mais sans aucune modification ni suppression.
Ostéoporose : du neuf pas vraiment nouveau !
La médecine officielle découvre petit à petit
et par ses méthodes préférées
-
l'expérimentation sur l'animal - ce que les végétariens
savent déjà depuis longtemps : le
meilleur moyen de combattre l'installation de l'ostéoporose
est de suivre un régime
végétarien. Le Quotidien du Médecin
du 23 septembre 1999 titre ainsi sur une pleine page
: "Ostéoporose : les oignons et d'autres
végétaux auraient un puissant effet protecteur ".
Passons
sur l'évidente contradiction entre l'hypothétique
("auraient") et le catégorique
("puissant") : le conditionnel pourrait s'employer
pour un effet faible qui demanderait
encore confirmation, alors qu'un effet qui apparaît
puissant n'est pas douteux et demande
par conséquent le présent...
Quoi qu'il
en soit, l'article fait référence à la
revue anglaise Nature de la même date, où
sont rapportées des expériences décrivant
l'influence de certains végétaux sur le
métabolisme osseux des rats. Inutile de préciser
ce que sont devenus les rats dont se sont
servis les chercheurs pour enfoncer des portes ouvertes.
Mais, bon, cela ne doit pas nous
empêcher d'écouter ce qu'ils ont à dire.
Que
dit l'article du Quotidien ? Tout d'abord que les oignons
apparaissent en première
ligne du combat contre l'ostéoporose : " Les
résultats montrent, par exemple, que la
consommation quotidienne de 1 g d'oignon déshydraté pendant
quatre semaines accroît le contenu minéral
osseux de 17,7 % ".Mais aussi que les oignons ne
sont pas les seuls à avoir
un effet protecteur : " Au total, ce sont quatorze
végétaux
habituellement mangés par les
humains qui peuvent inhiber la résorption osseuse
[c'est à dire la
décalcification] ". Et qui plus est, que
les effets s'ajoutent lorsque sont
consommés des mélanges de ces végétaux
(parmi lesquels, outre l'oignon,
l'article du Quotidien cite deux variétés
de persil, la laitue, la tomate, l'ail, le
concombre, le fenouil) ; c'est important pour le statut
des salades
composées.
Tout aussi intéressante est la
remarque suivante : " En revanche, on ne note pas
d'inhibition de la résorption osseuse par les
haricots ni par des produits d'origine animale.Même
le lait en poudre n'a pas d'effet significatif, bien
que contenant 1, 29 % de calcium ". Aïe ! Tant pis pour les haricots, il n'y
a pas que ça dans une vie de végétarien
; mais
tant pis surtout pour le mythe du lait, que l'on nous
présente partout comme étant la
panacée en matière d'apport calcique.
Bien
sûr, ni le rédacteur de l'article ni
les chercheurs de Nature ne se hasardent dans leur
conclusion à évoquer le mot tabou de végétarisme
; ils attendent, disent-ils, une
confirmation de leurs résultats sur les humains
:
" S'il se produit la même chose chez les
humains, alors le fait d'inclure ces végétaux
dans l'alimentation quotidienne pourrait être un
moyen efficace et peu cher de faire baisser
l'incidence de l'ostéoporose ".
Pas possible
? ! Faudra-t-il expérimenter sur
le porc, le chien et le singe pour en être sûr
?
C'est incroyable cette manie de passer systématiquement
par l'animal pour se prouver ce
que des études comparatives entre végétariens
et non-végétariens ont déjà directement
montré (voir par exemple le Cahier d'Alliance
Végétarienne numéro 1, Végétarisme
et
questions de santé). Enfin, la morale de cette
histoire, c'est qu'on finira bien par être
obligé de les accepter, les bienfaits du végétarisme,
et même dans le monde de la médecine
expérimentale... !
André Mery
Croissance et développement des enfants végétariens
Article extrait du Journal Alliance Végétarienne
n° 66 - Hiver 2001
La croissance et la forme physique
d'enfants, d'adolescents
et de jeunes adultes végétariens ont fait,
récemment (1996),
l'objet d'une étude en Belgique flamande. Les
résultats de
ces investigations ont été présentés
lors du Troisième
Congrès International de la Nutrition Végétarienne
qui s'est
tenu à l'Université Loma Linda, Californie,
du 24 au 26
mars 1997.
Un résumé de l'article "Caractéristiques
de la croissance,
du développement et de la forme physique d'enfants,
d'adolescents et de
jeunes adultes flamands végétariens" écrit
par Marcel Hebbelinck, Peter
Clarys et Ann De Malsche (Laboratoire de Biométrie
Humaine et Chimie Biologique -
Université de Vrije Bruxelles ) est présenté ci-dessous
par le doyen, Marcel Hebbelinck :
En Europe de l'ouest, aujourd'hui, un nombre croissant
d'enfants et de jeunes adoptent
un régime végétarien, soit parce
qu'il ont grandi dans une famille végétarienne,
soit parce
qu'ils ont décidé eux-mêmes de devenir
végétariens.
Des inquiétudes ont été exprimées
sur les risques de déficience en nutriments affectant
la
croissance et le développement des enfants et
adolescents végétariens, particulièrement
ceux élevés selon un régime végétarien
stricte (végétalien) ou macrobiotique.
L'adéquation
nutritionnelle d'un régime lacto-ovo-végétarien
a été considérablement révisée
par Jacobs
et Dwyer (1988) et plus récemment par Sanders
et Reddy (1994). La plupart des études
revues ont porté surtout sur l'aspect santé des
enfants d'âge préscolaire mais très
peu ont
investigué la croissance, la composition du corps,
la maturation et la forme physique des
enfants végétariens d'âge scolaire
et adolescents. Par exemple, dans la Farm Study (une
communauté végétarienne du Tennessee
- USA) O’Connell and coll. ont trouvé que
la
taille des enfants jusqu'à 10 ans élevés
dans cette communauté végétarienne étaient
uniformément en dessous des valeurs de référence
US.
Par contre, dans deux études portant sur des
enfants de communautés Adventistes du
Septième Jour qui suivaient essentiellement un
style de vie végétarien, aucune différence
significative de taille ne fut trouvée, à l'exception
des garçons d'âge scolaire qui étaient
significativement plus grands. Après contrôle
des différences de taille, les garçons
et les
filles des écoles de ces communautés apparurent
aussi plus minces que leurs homologues
des écoles publiques.
En raison de la rareté de
données sur la
croissance physique, le développement pubertaire
et la forme physique d'enfants, d'adolescents et de jeunes
adultes végétariens, nous
entreprîmes une étude pour estimer la consommation
journalière moyenne d'énergie
alimentaire sur un total de 82 jeunes (Groupe A : filles
6 à 10 ans, garçons 6 à 12 ans),
adolescents (Groupe B : filles 10 à 16 ans, garçons
12 à 18 ans) et jeunes adultes (Groupe
C : filles 16 à 30 ans, garçons 18 à 30
ans).
L'étude
incluait la détermination de l'énergie
des aliments consommés (questionnaire sur
les aliments de fréquence 7 jours), taille et
poids du corps, triceps, [suprailiac] et plis de
peau (= indicateurs de graisse), éléments
de puberté (poils pubiens, développement
de la
poitrine et menstruations pour les filles, poils pubiens
et développement des organes
génitaux chez les garçons (= maturation
sexuelle), dynamométrie manuelle (force de
serrage), saut en longueur (= force de détente
des jambes), 30 s couché/assis (= endurance
musculaire abdominale) et test de sautillements pendant
3 minutes (= endurance cardiorespiratoire).Tous les résultats
ont été comparés
avec les valeurs de référence adéquates.
Résultats
:
L'énergie alimentaire absorbée par les
enfants, adolescents et jeunes adultes était bien
en-dessous des valeurs de référence, avec
des différences plus marquées pour les
garçons âgés de 15 ans (groupe n°4)
, les filles âgées de 11 ans (groupe n° 3)
et
les jeunes hommes (groupe n° 13) atteignant respectivement
66%, 51%, 71%
et 68% des valeurs de référence. En dépit
de ces valeurs plus faibles
d'énergie absorbée les sujets végétariens
avaient une taille normale mais étaient plus
minces (plis de peau plus fins et indice de masse corporelle
plus bas). Il est à noter que les valeurs énergétiques
recommandées
représentent les besoins moyens des individus
et devraient être
considérées comme des estimations dérivées
de façon empirique pour une population
générale.
En ce qui concerne les tests de
forme physique, les enfants végétariens
(groupe A)
n'étaient pas différents des valeurs de
référence de la population. Cependant,
tous les
adolescents végétariens garçons
et filles (groupe B) et les jeunes adultes (groupe C)
réalisaient des scores dans la moyenne ou en dessous
pour les sauts en longueur et le
couché/assis de 30 s. Au contraire, les sujets
végétariens du groupe B (adolescents) et
du
groupe C (jeunes adultes) obtinrent de meilleures performances
avec les sautillements que
le groupe de référence. Ces derniers résultats
suggèrent que les sujets végétariens
avaient
une meilleure capacité d'endurance cardio-respiratoire.
A cet égard, il est à noter que
l'éventuelle pratique de sports d'endurance des
groupes végétariens a pu contribuer à ces
résultats. De plus l'indice de masse corporel
relativement bas et le peu de plis graisseux
peuvent avoir contribué à une meilleure
endurance cardio-respiratoire des sujets
végétariens.
Concernant le développement
pubertaire, nous avons trouvé (sauf pour une fille âgée
de
12 ans) que les adolescents filles et garçons
(groupe B) atteignaient les étapes de maturité
sexuelle dans les intervalles normaux. De plus la moyenne
d'âge de début des
menstruations de 13,2 ans dans la présente étude
correspond au chiffre le plus récent
(1990) des jeunes filles flamandes.
En conclusion, les
résultats de la présente étude
confirment l'idée qu'un régime lacto-
(ovo)-végétarien permet un développement
physique et une croissance adéquats. Par
rapport aux valeurs de référence, les jeunes
végétariens sont minces, avec des scores
relativement bas dans les tests de force, mais élevés
dans ceux d'endurance cardiorespiratoire.
Prof. ém.
Dr Marcel Hebbelinck, Laboratoire de Biométrie
Humaine, Bruxelles.
Laboratory of Human Biometry and Biomechanics
Vrije Universiteit Brussel - Faculty Phys. Ed. & Phys.
Ther.
Pleinlaan 2, 1050 Brussel, Belgium Tel.: +32-2-629.27.29
(31)
Fax: +32-2-629.27.36 - mhebbel@vub.ac.be
Ces documents, édités
par l'Association Végétarienne de France,
sont mis gracieusement à votre disposition pour
téléchargement et impression.
Diffusion autorisée et même recommandée,
mais sans aucune modification ni suppression.

|